Monday, December 26, 2005

59 rue de rivoli


Whenever I walk down the rue de Rivoli, I pass this building, which I have finally figured out is an artists' squat, taken over when the bank Credit Lyonnais abandoned it after some hard financial times. It is hard to imagine how/why a major financial institution would abandon a building on such a famous and luxurious shopping street as the rue de Rivoli, not far from La Samaritaine, the Seine, and the Louvre, but maybe it was in a bureaucratic tangle when the artists made their move. In any case, having their squat on the rue de Rivoli does make for the maximum dissonance, and while I am sad that their gallery-spaces were closed down before I moved to Paris, so I can only see them on-line like you, it is good to see the artists have such staying power in the face of the French state. As well as quite a good manifesto. Here are my photos and their words:



Le 1er Novembre 1999, jour de la fête des morts, le KGB (Kalex, Gaspard, Bruno), investit les murs du 59, rue de Rivoli, immeuble laissé à l'abandon par le Crédit Lyonnais et l'Etat français. Très vite une dizaine d'artistes leur prête main forte afin de réhabiliter le lieu trouvé en état de décharge publique (pigeons morts, seringues, gravats). Le but de cette opération est triple : - réanimer un lieu inculte - permettre à des artistes de créer, de se loger et d'exposer - prouver le bien-fondé d'une politique culturelle alternative.

Le collectif ainsi formé prend le nom de « Chez Robert, électron libre » et organise des vernissages, performances, expositions, le tout en ouvrant gratuitement au public, tous les jours de 13h30 à 19h30, sauf le Dimanche. L'Etat français porte plainte contre les artistes qui sont condamnés à être expulsés le 4 février 2000. Cependant, grâce à leur avocat Florence Diffre, ils obtiennent un délais de six mois. La presse s'empare alors du phénomène « squart » (contraction de squat et art) et contraint par cette médiatisation les pouvoirs publics à se pencher sur le « dossier » négligé depuis des années.
...
Des études sont à l'heure actuelle en cours, afin de déterminer la possibilité légale, après chantier de rénovation de l'immeuble, de poursuivre toutes les activités du Collectif. En attendant - et nous savons tous que le temps administratif s'écoule beaucoup plus lentement que le bref temps de nos vies humaines - Le Squat est fermé pour cause d'interdiction au public depuis le 28 mars.




2e Manifeste de L'Internationale Squattiste

Bonne nouvelle. Suite à une fusion torride entre deux groupuscules squatteurs (la Ffesse : Fédération Française et Européenne des Squatteurs et des Squatteuses Eclectriques ET le Ppucrap : Projet Pour Une Contre-Révolution à Paris), un texte, définissant la démarche artistique et politique des squarteurs, a pu être établi dans la nuit du 19 au 20 Décembre vers 2 heures du matin . Texte immédiatement signé par le squat du 59 Rivoli ainsi que par d'autres squarts inconnus ou à inventer. Ce texte, le voici :


Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers .


Prisonniers de la spéculation immobilière
Prisonniers de l'incompétence administrative de certains pouvoirs publics
Prisonniers de guéguerres politico-politichiennes
Prisonniers d'une politique territoriale qui favorise la désertification des campagnes
Qui favorise également la désertification des villes
Enfin qui encourage le développement de banlieues-ghettos infinies .
Par ghetto, nous n'entendons pas seulement ghettos de pauvres, mais ghettos de riches, ghettos de musulmans, ghettos de gitans et encore ghettos de vieux, etc., tous regroupements identitaires plus ou moins assumés par la République .

Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers

C'est en cela que le mouvement des artistes-squatteurs est un mouvement de libération. De libération des espaces prisonniers. Qu'un espace prisonnier soit, par la présence d'artistes-squatteurs, libéré ; qu'il soit libéré pendant deux heures, deux jours, deux mois ou deux ans, peu importe, le fait le plus important est qu'il ait été libéré : qu'il ait connu le goût de la liberté.
Car qui a su le goût de la liberté ne peut jamais l'oublier .


Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers


Lorsque l'on sait à combien de sociétés de gardiennages font appel les propriétaires privés et publics pour empêcher que des intrus pénètrent dans des lieux inoccupés, on mesure à la fois les sommes d'argent astronomiques qui sont dépensées pour empêcher qu'il se passe quoi que ce soit et par la même occasion les sommes d'argent astronomiques qui ne sont pas dépensées afin qu'il se passe quelque chose.


Lorsque l'on comprend – avec un certain effroi- que si, dans 99% des cas, les pouvoirs publics refusent de légaliser les alternatives culturelles présentées par les squarteurs, c'est parce qu'ils on précisément peur de créer un précédent – précédent dans lequel pourraient s'engouffrer des générations …-, on comprend que ce qui motive une partie des politiques culturelles en vigueur, c'est la peur … et rien d'autre .
La peur ! ça fait peur ! on avait pressenti depuis longtemps que ce n'était ni les rêves, ni les désirs ni même encore les illusions qui guidaient les politiques culturelles)


Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers


Est-il donc si étonnant que cela que, dans ce pays très conservateur, dont les traditions monarchiques ont perduré bien au-delà des têtes coupées, la plupart des artistes dont les médias parlent soient des artistes officiels ? c'est-à-dire des artistes étant passé par toutes les étapes du circuit officiel, à savoir l'Ecole des Beaux-arts, l'obtention de séjours en résidence, puis d'ateliers-logements, la demande de subventions octroyées par le Ministère et enfin l'achat d'oeuvres par ce même Ministère ? Ce que l'on pourrait appeler des artistes ayant montré patte blanche ?
Non, cela n'est pas étonnant car
Qui a peur souhaite être rassuré
Et il est rassurant de savoir que ces artistes doivent tout à l'Etat .
Ce sont ces mêmes artistes qui finissent par représenter la France lors d'expositions internationales et prestigieuses. Pouët Pouët .


Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers


L'essence même du mouvement des artistes-squatteurs est de libérer les espaces prisonniers, en y instaurant un mode d'organisation nouveau et révolutionnaire . Le mouvement des artistes-squatteurs est un mouvement armé. De mots, de couleurs, de supports, de formes, de sueur, de larmes, de silences . Et de rien d'autre .C'est un mouvement vulnérable, hissé par des vulnérables. Au service de tous. En quoi est-il révolutionnaire ? Tout simplement parce qu'il se propose de faire tout le contraire de ce que font les institutions : là où elles s'acharnent à tout séparer , ici le lieu de résidence, là le lieu de création, ailleurs le lieu de monstration, plus loin encore le lieu de diffusion, le mouvement des artistes-squatteurs s'acharne à tout réunir : et c'est pourquoi les squarts ne sont ni des lieux de résidence, ni des lieux de création, ni des lieux de monstration, ni des lieux de diffusion mais tout cela à la fois et beaucoup plus encore. Gratuitement.


Squatter ne sera jamais un droit , mais
Squatter sera toujours un devoir .
Car la liberté est un devoir. Surtout quand la démocratie échange, en croyant récupérer une plus-value, Partage et Fécondité contre Confort et Sécurité. Et qu'elle ne peut plus déployer d'autre horizon que « 1984 ».


Il n'y a pas d'espaces vides
Il n'y a que des espaces prisonniers.

2ème manifeste de l'Internationale Squattiste . Anonyme .A traduire dans toutes les langues . A piller de toute urgence, de toute éternité .Faire circuler, ça porte bonheur .


P.S. : le 1er manifeste de l'IS a malheureusement été perdu puis brûlé. Ou le contraire .

1 Comments:

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6:36 PM  

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